C.E.R.L.I

Centre d'études et de recherches sur les littératures de l'imaginaire - Université Paris XII

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« L'horreur contemporaine. Autour de Stephen King »

Décade Cerisy-La-Salle (20-30 juillet 2007)
coorganisée par Jean Marigny et Guy Astic

Programme

Depuis trente ans, la fiction fantastique et d’horreur est indissociablement attachée au nom de Stephen King. L’écrivain américain est devenu un label, une référence incontournable du genre à laquelle les critiques, les éditeurs, voire les auteurs, recourent volontiers pour évoquer ou promouvoir de nouvelles parutions. Héritier de Richard Matheson, Robert Bloch et Ray Bradbury, King est l’artisan du renouveau de l’horreur dans les années quatre-vingt, au point d’engendrer un mouvement imaginaire, scriptural aussi bien que graphique, qui s’est imposé dans le monde et ne cesse encore de varier, de se feuilleter. Ces œuvres constituent un “genre” que l’on peut concevoir comme une exploration nouvelle de la visée fantastique et horrifique dans le cadre de la civilisation occidentale actuelle, où se généralise la technoculture, où l’emporte le devenir libéral, médiatique, sécuritaire, paranoïaque de la société. Dans cet esprit, King a su enregistrer et amplifier les bouleversements engendrés par les nouveaux régimes du voir et de la représentation, à commencer par l’appréhension de la monstruosité, pour dégager de nouvelles expressions de la peur.
L’écrivain est ainsi devenu le “chef de file” de la première génération d’artistes d’après-guerre nourrie par la télévision et à l’origine de la littérature d’horreur moderne – génération identifiée par Noël Carroll dans The Philosophy of Horror or Paradoxes of the Heart (New York & London, Routledge, 1990). Comprenant, entre autres, Clive Barker, Dennis Etchison, Dean R. Koontz, Jay R. Bonansinga, Graham Masterton, Jay Russell, Jonathan Carroll, Dan Simmons, SP Somtow, Peter Straub, elle est versée dans la correspondance entre les arts, où textes et signes visuels concourent à créer un imaginaire spectaculaire. Celui-ci trouve place dans des fictions d’épouvante sans détours, dont les techniques de représentation horrifique sont à l’aune d’une époque régie par l’impératif de l’image et par la production de masse tournée vers la répétition, la prévisibilité et la surenchère. Nous sommes passés à une jouissance sans innocence de l’horreur, engendrée par des auteurs parfaitement au fait des codes qu’ils utilisent et qu’ils ne manquent pas d’infléchir, de perturber, de complexifier sans rien lâcher en matière d’intensité narrative.

Le succès de Stephen King et de certains de ses confrères étasuniens a permis, particulièrement en Europe, l’émergence d’auteurs et de textes sous influence, qui ont rapidement conquis leur originalité propre sans oublier la mémoire de leurs sources. On peut évidemment penser, côté anglais, à Ramsey Campbell, Graham Masterton, Brian Stableford, Clive Barker, Graham Joyce, Christopher Fowler, Neil Gaiman, Kim Newman. Outre-Rhin, de auteurs contemporains comme Rainer Erler, Marten Munsonius, ouvrent le ban. Dans l’expression française et francophone s’imposent Serge Brussolo, Alain Delbe, Francis Valery, Jean-Pierre Andrevon, Pascal Français, Anne Duguël, Jean-Daniel Brèque, Patrick Senécal, Joël Champetier. L’Italie et l’Espagne ne seront pas oubliées, sans compter les pays nordiques. Autant de noms, de références qui empruntent le sillon tracé par le Maître de Bangor, tout en se démarquant plus ou moins de ses manières d’écrire et d’imaginer.
Comme l’écrivain a pu le faire en son temps, avec son essai publié en 1981, Danse macabre (pour en reprendre le titre original), il s’agira de dresser les principales lignes de force d’une « anatomie de l’horreur » contemporaine dont l’un des centres vitaux – sinon LE centre vital – serait, précisément, Stephen King. De fait, la ligne directrice de ce colloque sera à la fois l’analyse des nouveautés apportées ou rendues possibles par l’auteur de Carrie dans le domaine de l’horreur et l’examen de visions de cette même horreur moderne qui les prolongent ou s’en démarquent.

Intervenants

*J.-C. Aguerre : L'horreur contemporaine à la lumière de la psychanalyse *G. Astic : Deux voies de l'horreur contemporaine: Clive Barker & Stephen King *A. Besson : La Tour sombre, un cycle au cœur de l'œuvre *G. Bouak : SK, auteur de "dark fantasy": sur les traces de l'Homme noir, du Fléau à La Tour Sombre *S. Bourgoin : Dernier des grands monstres et horreur réelle : le tueur en série *R. Bozzetto : La chute de la maison Overlook *L. Cheilan : Les ressorts de l'horreur chez les vampires enfants *P. Clermont : Aspects futuristes de l'œuvre de SK *F. Christol : Du carnaval en Amérique : It de SK et la fiction horrifique américaine contemporaine *P. Crouan-Veron : L'horreur au féminin, le féminin dans l'horreur. Portraits de femmes fatales dans la littérature contemporaine anglophone *D. Duclos : La culture américaine, dépositaire de l'obsession occidentale de la loi. Le cas de SK *N. Dufayet : Le hameau de l’horreur contemporaine : de la maison des Territoires à celle de Coralin *S. Gayraud : Le lieu maléfique chez Stephen King et Serge Brussolo *L. Guillaud : The Descent, version hybride et monstrueuse du Voyage au centre de la Terre *A. Gural-Migdal : Naturalisme et horreur chez Stephen King et Bruno Dumont *T. Jandrok : L'horreur contemporaine entre mascarades et révélations *M. Lachaud : Les motifs horrifiques dans La Foire aux Serpents de Harry Crews *C. Landais : Secret Window, Secret Garden ou la déconstruction du fantastique selon Todorov *C. Lapeyre-Desmaison : L'écriture comme expérience de l'horreur : La Part des Ténèbres et Misery *E. Le Louarn : Horreurs cinématographiques : prosopopées, expérimentations et discours *L. Levassort : Entre Roi(s) et Dieu(x) : SK et la religion *J. Marigny : Les fantômes de Peter Straub *G. Menegaldo : SK à l'écran : adaptations et réécritures *T. Michaud : La révolte des objets dans l'œuvre de SK *M. Moisseef : Nature contre Culture ou le pouvoir animalisant de l'horreur *L. Sudret : L'enfant et la peur dans quatre textes de SK : Peur Bleue, Le Corps, Les Enfants du Maïs et La Petite Fille qui aimait Tom Gordon *L. Wojazer : Poppy Z. Brite: une écriture pornographique de l'horreur.

TABLE RONDE DES ÉCRIVAINS (avec F. Berthelot, M. Fazy, R. Fuentès)

Contacts
Guy Astic : 0490090464 / guy.astic@wanadoo.fr
Jean Marigny : 0476984783 / jean.marigny@wanadoo.fr