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C.E.R.L.I Centre d'études et de recherches sur les littératures de l'imaginaire - Université Paris XII |
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COMMENT RÊVER LA SCIENCE-FICTION
À PRESENT ?
25 juillet-3 août 2009
Appel à communications
La science-fiction présente peut-être le seul réservoir
de mythes en phase avec notre siècle : elle ne propose rien de moins,
en effet, que de fournir, sous la gouverne de la puissance imaginative de ses
auteurs (et de leurs disciplines), les représentations les plus diverses
des perspectives du monde contemporain. Le genre a bien souvent interrogé
la consistance du réel en allant traquer dans ses potentialités
tout ce qui permettait de le comprendre. Les rêves prospectifs de la science-fiction
projettent des interrogations fondamentales sur l’origine de la vie et
sa place dans l’univers dans un espace temps dont l'échelle correspond
à leur caractère immémorial et à la diversité
de leurs expressions dans l’histoire de l’humanité. Il est
de fait légitime de voir la science–fiction comme une manière
de proposer des réponses à des problèmes philosophiques.
Les questionnements prospectifs sur les devenirs technologiques, biologiques
ou sociaux de l’homme inscrivent les questions métaphysiques dans
le quotidien et mettent leurs réponses prédictives à l’épreuve
du temps. La plausibilité des projections est jaugée par les publics
contemporains, leur exactitude, dite valeur prophétique, par l’histoire.
Il y a nombre d’exemples d’œuvres qui ont su détecter
les mutations fondamentales des sociétés humaines sous la forme
d’expérience de pensée alors qu’elles n’étaient
que des possibilités. La vision de l’avenir en science-fiction
est intrinsèquement liée à son époque. Puisqu'il
semble que depuis une cinquantaine d'années il n'y ait pas eu de découvertes
scientifiques révolutionnaires, et à présent que l’avenir
que ces œuvres nous ont proposé comme hypothèse est devenu
réalité ou peu s’en faut, il importe de s'interroger sur
le devenir de la science-fiction.
Notre projet de colloque part alors de ces questions: la science-fiction a-t-elle
un avenir ? Quelle vision prospective du futur a-t-elle à nous proposer
aujourd’hui ?
Les communications dans les domaines suivants sont souhaitées: cinéma, études audiovisuelles et médiatiques, littérature, sciences, mangas, jeux vidéos, communication, langage, genres (cinéma et masculin/féminin), histoire, psychologie, philosophie, religion, sciences sociales, études culturelles et culture populaire.
En ce qui concerne le champ littéraire nous délimitons les études
à ce qui suit :
Les modernistes, élitistes de réputation, ont cependant largement
puisé dans les ressources et modèles offerts par les arts populaires.
Ces influences furent néanmoins dissimulées au mieux.
Les auteurs contemporains de littérature «mainstream » (que
l'on accepte le terme « postmodernes » ou qu'on le récuse),
les affichent cependant ouvertement. Mais que se passe-t-il du côté
des auteurs de science-fiction ? Quelles sont à présent leurs
influences majeures ? S'inspirent-ils toujours des maîtres du passé
ou ont-ils réussi à s'en affranchir ? Se concentrent-ils sur les
avancées de leur milieu ou sont-ils curieux des expériences menées
dans la littérature générale ? Le cas échéant,
cette course dans la mise à jour des modèles, alors en corrélation
avec l'accélération de notre technologie, nous offrira-t-elle
une littérature et des genres vidés d'intertextualité,
et laissera-t-elle place à de nouveaux paradigmes ?
La SF est-elle irrémédiablement orientée vers son passé?
La littérature générale est-elle dégénérescente
au point d'en venir à s'abreuver aux genres autrefois honnis ? Quelles
utilisations font-elles toutes deux du pastiche ?
Ce sont ces notions d’influence, de déviation, d’évolution
et de réciprocité que nous aimerions interroger.
Sans se limiter à elles, et seulement à titre indicatif, nous proposons ces quelques questions en guise de pistes possibles.
- Considérant son rapport à l’image, la science-fiction peut-elle se ressourcer à de nouveaux supports autres que le cinéma et la télévision (les jeux vidéos, Internet, voire les installations pour parcs de loisir) ? Comment ces nouveaux médias ont-ils transformé la science-fiction, en tant que phénomène « (sous-)culturel » ? Comment la convergence numérique a-t-elle transformé les univers de science-fiction et leurs modes de représentation?
- Comment le processus d’hybridation avec d’autres genres a-t-il transformé la science-fiction ? Si l’idée n’est pas neuve (qu’on pense juste à Mondwest, 1973, ou Blade Runner, 1982), elle a trouvé un terrain fertile dans les œuvres d’auteurs atypiques comme Takashi Miike (Dead or Alive) ou Akira Kurosawa (Kaïro) ou dans des séries télévisées comme Les 4400 ou, auparavant, X-files ou Twin Peaks. Que sont les nouveaux hybrides génériques ? D’où proviennent les nouveaux modèles ? L’hybridation aujourd’hui est-elle le signe d’un renouveau par l’emprunt d’éléments à d’autres sources génériques ou à d’autres bassins culturels ? Est-elle au contraire le symptôme d’une crise, le signe de l’incapacité du genre à se renouveler selon ses propres termes ?
- La science-fiction peut-elle se renouveler au travers de civilisations autres que celles qui ont produit les grandes œuvres de ses débuts (l’Asie en priorité, les mangas)?
- Dans le contexte de la mondialisation et du réchauffement planétaire,
la vision de l’humanité à grande échelle et la prise
en compte des conséquences futures de la vie quotidienne sont devenues
consensuelles alors qu’elles étaient auparavant des traits distinctifs
et définitoires de la science-fiction. Cette inscription de la projection
dans notre perception de la réalité correspond à l’apparition
de différentes formes de récit, au croisement entre documentaire
et fiction (des docu-fictions fondés sur des modèles prédictifs
comme Paris 2011 : La grande inondation, ou La Submersion du Japon,
2006, aux documentaires-manifestes comme Une vérité qui dérange,
2006, projeté sur les mêmes écrans à grand spectacle
que Le jour d’après, 2004). Comment la politique de la projection
affecte-t-elle la poétique de la science-fiction ?
- La science-fiction peut-elle prolonger son existence en rejouant de vieux
mythes dans des contextes futuristes (Matrix ou Star Wars,
Cryptonomicon, The Fountain) ou, au contraire, doit-elle trouver
des formes nouvelles engendrant des thématiques nouvelles (Twentieth
Century Boy mais aussi Tetsuo comme cas limite)?
Les propositions devront comporter environ 550 mots (une page). La présentation
est estimée à 40 mn, auxquelles s’ajouteront 20mn de débat.
La date butoir pour le retour des résumés est fixée au
1er mai 2008. Vous serez notifiés de la sélection éventuelle
de votre article par e-mail en juillet 2008. Les articles entiers devront être
soumis au plus tard le 1er mai 2009. Le colloque se tiendra au Centre Culturel
International de Cerisy-la-Salle la dernière décade de juillet
2009 (du 25 juillet au 3 août 2009).
CCIC, 50210 Cerisy-la-Salle, France
tél: 02 33 46 91 66
Fax : 02 33 46 11 39,
http://www.ccic-cerisy.asso.fr/
Les propositions et les articles doivent être envoyés aux trois
co-organisateurs :
ANDRE Danièle ( Université de Corse) danieleandre2b@orange.fr
TRON Daniel (Université de Poitiers et Angers) daniel.tron@free.fr
VILLERS Aurélie (Dr de l'Université de Nice) aurelie.villers@wanadoo.fr
Vos propositions devront être accompagnées des informations nécessaires
pour vous contacter (nom, adresse personnelle, e-mail, téléphone,
éventuellement centre de recherche).
Logement et restauration sont entièrement assurés par le centre
qui nous héberge. Les données concernant les tarifs et les réductions
vous seront envoyées par le centre dans l’année précédant
le colloque.
L'équipe organisatrice se tient à votre disposition pour toute
information complémentaire.